Bon, sur l’élan et sachant compter sur votre soutien, je continue mon exploration aventureuse de la mécanique.
A cet instant, résonnent dans ma tête les mots d’Erik Decamp à propos de son ascension du pic sans nom, quand au cours de la descente il avait dû se résoudre a abandonner sa compagne Catherine Destivelle qui s’était cassé la jambe sans savoir s’il la reverrait un jour : « l’important ce n’est pas le sommet, c’est la descente ».
Mon sommet du jour ce sera la turbine. Elle est au-dessus de l’embase, qu’il faut d’abord démonter.

Je lis les consignes du manuel d’entretien. Elles sont simples, mais claires : ne pas trop dévisser… ne pas trop tirer sauf si on veut faire tomber le pignon… « l’important, c’est la descente »… je fonce aux pages suivantes pour voir comment tout cela se remonte… bon, je crois que j’ai compris.
La première chose, c’est de se mettre en marche arrière. C’est effectivement plus facile pour dévisser ce cavalier, dissimulé derrière un bouchon en caoutchouc, qu’il ne faut pas trop dévisser pour ne pas perdre l’écrou.
marche avant | Point mort | Marche arrière |
| | |
Je me suis demandé si le cavalier pouvait tomber de la tige de commande, mais je crois que non, la tige se termine sur une collerette qui l’empêche de descendre si le cavalier est juste desserré.
Donc on desserre.

Ensuite, dévisser l’embase. Il y a deux vis. On n’y voit rien et bien sûr, celle à l’arrière est du 13 et l’autre du 10, et il faut une rallonge…


Et là, magie, ça tombe. Enfin presque, l’embase au sol, l’arbre est toujours engagé dans le fût.

La marche arrière engagée bloque le basculement du moteur, je dois basculer la chaise gueuse d’une main, l’autre soutenant l’embase (désolé, pas de photo de cet instant d’équilibre précaire).
Et me voilà avec l’embase entre les mains et un moteur cul-de-jatte.


Trois constats :
- c’est plein de cristaux de sel sur les pièces en travers du flux. Les parois, elles, sont relativement propres. C’est certainement à l’arrêt du moteur, l’eau se refroidissant sur les pièces qui la retient, que précipite le sel. Ça ne me paraît pas anormal, mais je me dis qu’à l’avenir, je rincerai de temps en temps l’intérieur du fût.[

- l’arbre et la tringle sont noircis des gaz d’échappement. Là ça me semble moins normal et plutôt le signe d’un mélange un peu riche, en lien sans doute avec mes problèmes de carburateur.

- Sur l’arbre, on peut voir aussi des traces de corrosion au niveau de la sortie du bloc moteur. Je ne sais pas si c’est courant sur ce genre de moteurs.

C’est le moment de nettoyer tout cela. Comme disait Guy Roux, « faut pas gâcher », et hop, c'est quand même de la fleur de l'île de Ré…

Et le démontage du corps de la pompe peut commencer. La turbine semble en bon état de même que la cloche de la pompe et le joint d’embase. Un bon nettoyage / rinçage et ça suffira.



Voilà, tout est prêt pour le remontage

Tout ? Non, il y a une toute petite pièce qu’on pourrait appeler une clavette qui vient solidariser la turbine de l’arbre moteur qui a glissé lors du démontage. Elle est tombé à côté du chiffon, entre les lames de la table, puis de là, sur la terrasse… entre deux lames de la terrasse.
De mécanicien je redeviens l’espace d’un instant terrassier, permettant à ma femme de glisser perfidement le « tu n’avais pas dit l’an dernier que tu referais la terrasse au printemps ? »

Je vous renvoie à la Genèse pour comprendre l’effort que je dus produire à cet instant précis pour rester concentré sur cette clavette tout en revissant la lame remise en place. Adam, que n'eût-il eu ma force de caractère !

Le remontage de la pompe n’est pas très compliqué mais nécessite un peu de méthode.
J’ai commencé par remettre et dans la bonne orientation le tuyau d’aspiration.

Ensuite, il faut à graisser la cloche de la pompe et à y mettre la turbine dans le bon sens, notamment en la tournant pour que la rainure de la clavette soit, une fois placée sur l’arbre, en face du méplat de l’arbre.

La clavette y est posée dans une petite noisette de graisse, histoire de ne pas revivre l’épisode de la terrasse. J’ai graissé également l’embase de la turbine.

Il suffit désormais de descendre le corps de pompe le long de l’arbre. Là les astres doivent s’aligner, ou plutôt aligner la clavette, les deux pions de centrage et la tuyauterie d’aspiration qui doit entrer en force dans le joint en caoutchouc. Quelques petits tapotements feront l’affaire, mais pour le remontage sur le fût, je penserai à lubrifier le joint de sortie pour faciliter le montage.
Il reste à visser l’ensemble après avoir mis une goutte de frein-filet.


Y a plus qu’à remonter sur le moteur, mais auparavant, je voudrais déssaler le fût.
Suite au prochain épisode.